Le Sporting Club de Bastia, couramment abrégé en SCB ou SC Bastia, est un club de football français fondé en 1905 par Hans Ruesch. Un titre de champion de France de Division 2, une Coupe de France, une Coupe Intertoto, un titre de champion de National ainsi qu'une participation en finale de Coupe UEFA composent le palmarès du club le plus titré et le plus populaire du football corse.
Le club joue dans différents stades de la ville de sa création jusqu'en 1932, date à laquelle est inauguré le Stade Armand-Cesari.
Le club est en 2011 présidé par Julien Lolli. L'équipe première, entraînée par Frédéric Hantz depuis le 21 mai 2010, évolue en deuxième division.
Histoire
Genèse
Le Sporting Club de Bastia est fondé en 1905 par un Suisse dénommé Hans Ruesch. Arrivant de Barcelone, il enseignait l'allemand au lycée de Bastia. Le premier président du SC Bastia est Emile Brandizi. Le club corse évolue à ses débuts sur la Place d'Arme de Bastia, où il faut s'accommoder d'un bec de gaz trônant au milieu du terrain.
Entrée dans l'ère du professionnalisme
Le club commence son aventure professionnelle en 1965, en Division 2. Après trois bonnes saisons, il est sacré Champion de France de Deuxième division en 1968, rejoignant ainsi l'élite. La première saison sera difficile, mais le club parviendra tout de même à se maintenir. Commence alors une décennie considérée par beaucoup comme la plus belle de l'histoire du club. En 1972, le club accède ainsi pour la première fois à la finale de la Coupe de France face à l'Olympique de Marseille (perdue 2-1 sur le fil), obtenant sa première qualification en Coupe d'Europe, qui se soldera par une élimination rapide face à l'excellente équipe de l'Atletico Madrid.
Finaliste de la coupe UEFA en 1978 et victoire en Coupe de France en 1981
En 1977, le SCB termine troisième de D1 avec la meilleure attaque du championnat, et se qualifie pour la Coupe UEFA.
C'est le début de l'épopée bastiaise, l'équipe construite autour du meneur de jeu Claude Papi est composé de nombreux joueurs talentueux tel que Johnny Rep, double finaliste de Coupe du Monde avec les Pays-Bas, Jean-François Larios, milieu de terrain international Français ou encore Charles Orlanducci, solide libéro surnommé le Lion de Vescovato.
L'équipe élimine successivement le Sporting Lisbonne, Newcastle, le Torino FC, FC Carl Zeiss Iéna et les Grasshoppers de Zurich, avant une finale ratée face au PSV Eindhoven (0-0 ; 0-3). De toutes les victoires, c'est celle à Turin 3-2 qui a le plus marqué les esprits, le « Toro » étant demeuré invaincu depuis deux saisons sur son terrain. C'est d'ailleurs au cours de ce match que le SC Bastia marque le plus beau but de son épopée, une reprise de volée de 22 mètres de Jean-François Larios.
La finale sera en revanche celle de tous les regrets. D'abord avec un match aller joué à Furiani sur un terrain impraticable, des pluies diluviennes s'étant abattues sur la Corse en ce 26 avril 1978. Malheureusement, l'arbitre yougoslave ne pourra reporter la rencontre, à cause de la proximité de la Coupe du monde en Argentine qui devait se dérouler quelques semaines plus tard. Malgré la domination bastiaise, la rencontre se terminera sur un score nul et vierge, 0-0.
La finale retour, le 9 mai, ne dura que 24 minutes. C'est le temps qu'il fallut aux Néerlandais d'Eindhoven pour marquer le premier but, suivi par deux autres en fin de match (3-0). Les Bastiais attribueront cette défaite d'un Sporting méconnaissable à la fatigue accumulée en championnat (3 matchs en 6 jours dans les jours qui précédèrent la finale retour) et aussi au terrain détrempé de Furiani au match aller.
Bastia réalisa donc le plus grand moment du sport corse (voir le film Forza Bastia de Jacques Tati). Le SECB, club d'une ville de seulement 40 000 âmes, avait fait plus que défier les grandes capitales du football européen : il avait permis à la Corse tout entière de se réunir, à une époque où le mouvement nationaliste naissait, trois ans après l'épisode d'Aleria, en 1975.
3 ans après cette finale, le SC Bastia remporte son premier trophée national avec la Coupe de France de football 1980-1981. C'est une victoire de prestige pour le club corse face à l'AS Saint-Étienne de Michel Platini. La finale se joue au Parc des Princes devant plus de 46000 spectateurs, dont le Président de la République fraichement élu, François Mitterrand.
Descente en Division 2 et catastrophe de Furiani
Après 18 ans dans l'élite, le club descend en deuxième division à l'issue de la saison 84/85, il y restera 8 ans. Cette époque reste marquée par la catastrophe de Furiani : Lors de la saison 91/92, le club atteint la demi-finale de la Coupe de France. Le match doit se jouer au Stade Armand-Cesari, dit Stade de Furiani, face à l'Olympique de Marseille qui domine alors le Championnat de France. L'engouement est tel qu'il est décidé de construire à la hâte une tribune provisoire de 10 000 places. La partie haute de la tribune s'effondre quelques minutes avant le coup d'envoi faisant 18 morts et 2300 blessés.
Retour en Ligue 1 et en Coupe d'Europe
Le club fait son retour parmi l'élite pour la saison 1994/1995 et atteint cette même année la finale de la Coupe de la Ligue. Cette époque est marquée par le travail de Frédéric Antonetti, c'est lui qui s'occupe du centre de formation de 1990 à 1994 permettant ainsi au club de voir éclore de nouveaux talents (Morlaye Soumah, Laurent Casanova, Cyril Rool).
Il prend ensuite en charge l'équipe première de 1994 à 2001 (avec un intermède d'un an en 98/99) participant ainsi au recrutement de joueurs tel que Lubomir Moravcik, Pierre-Yves André, Frédéric Née, Franck Jurietti ou Anto Drobnjak. Ce dernier terminera 3 années de suite meilleur buteur du club. À la fin de la saison 95/96, il est d'ailleurs deuxième au classement des buteurs du Championnat de France avec 20 réalisations. À une unité seulement du meilleur buteur Sonny Anderson.
Lors de la saison 96/97 le club termine à la 7e place du Championnat de France à seulement 3 points du podium, se qualifiant ainsi pour la Coupe Intertoto. Le club remporte cette coupe en 1997, et fait donc son retour dans la Coupe de l'UEFA pour la saison 97/98. Le SC Bastia élimine d'abord le Benfica Lisbonne en 32e de finale avant de tomber face au Steaua Bucarest au tour suivant. Cette élimination laissera un goût amer compte tenu de la domination bastiaise observée sur les deux matches. Les performances du SC Bastia en championnat dans les années suivantes lui permettront de se qualifier deux nouvelles fois pour la coupe intertoto, en 1998 et 2001, sans toutefois parvenir à se qualifier de nouveau pour la Coupe UEFA.
Après le départ de Frédéric Antonetti en 2001, le club n'arrivera plus à terminer dans les 10 premiers du Championnat de France. Il atteindra malgré tout la finale de la Coupe de France de football 2001-2002, avec un certain Michael Essien au milieu de terrain, futur joueur de l'OL puis de Chelsea.
De 2002 à 2005 les entraineurs se succèdent. Robert Nouzaret, Gérard Gili ou le duo François Ciccolini / Michel Padovani ne parviennent pas à maintenir l'équipe à son niveau, le classement s'en ressent année après année (voir la section historique championnat). Le recrutement est axé sur des habitués de la Ligue 1 comme Tony Vairelles, Florian Maurice, Franck Silvestre, Lilian Laslandes (tous internationaux) ou encore Cyril Jeunechamp.
À la trêve hivernale de la saison 2004/2005, le club est en position de relégable. Le staff du SC Bastia tente son va-tout en recrutant Christian Karembeu, Champion du monde 1998 à la recherche d'un dernier challenge. Le SC Bastia sera malgré tout relégué en Ligue 2 à l'issue de cette saison après 11 années consécutives en ligue 1.
La descente aux enfers
En 2005, le club est relégué en Ligue 2. Cinq années plus tard, Bastia est sérieusement menacé de descente en National. Le SCB est officiellement relégué en National le 7 mai 2010, à la suite du match nul (0-0) face au Tours FC lors de la 37e journée de Ligue 2.
Le 6 juillet 2010, le club se voit administrativement relégué en Championnat de France amateur par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). Le club possédait en effet un déficit de 1,2 million d'euros, qui a été comblé par des aides financières des collectivités locales (Collectivité territoriale de Corse, Conseil général de Haute-Corse). Le 23 juillet 2010, le Conseil fédéral de la Fédération française de football a autorisé le SCB à évoluer en National pour la saison 2010-2011, comme l'avait demandé le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) après que la DNCG eut refusé, lors du passage en appel du club, de le réintégrer en National.
Malgré cet épisode extra-sportif ayant perturbé la préparation d'avant-saison, le SC Bastia effectue un mercato intéressant, avec pas moins de six recrues. Du côté des départs, on note principalement les transferts de Florent Ghisolfi (Stade de Reims) et Christophe Gaffory (Vannes OC) ainsi que de Pierre-Yves André ayant décidé de mettre un terme à sa carrière.
La remontée en Ligue 2
Le 22 avril 2011, le Sporting Club de Bastia gagne officiellement sa place en Ligue 2 à l'issue d'un match contre Fréjus-Saint-Raphaël. Pas moins de 500 Bastiais avaient fait le déplacement. Le 7 mai 2011, le SC Bastia est sacré champion de National, suite à une victoire face à Créteil 2 buts à 1. Le Sporting était mené à la mi-temps, mais David Suarez égalise et Idrissa Sylla permet aux lions de Furiani de prendre l'avantage à la 92e minute dans une ambiance de folie. À la fin du match, le stade Armand Cesari est envahi par les supporters bastiais, heureux de fêter avec leurs joueurs et leur entraineur, Fredéric Hantz, ce nouveau titre.











