Papi, Bastia à la vie, à la mort

Blog de sc-bastia6 :SC BASTIA, Papi, Bastia à la vie, à la mort

"Enfants de Corse n'oubliez jamais que Claude Papi reste le plus grand footballeur que notre île ait connu"

Cette phrase souvent martelée avec force emphase et passion retentit dans le temps de l'écho des plus grands. Cette litanie lancinante résonne fièrement dans la bouche de ceux qui ont eu la chance de le voir danser et virevolter sur les pelouses insulaires. Une réminiscence inexpugnable de ce que fut ce Grand Bonhomme du ballon rond. Un hommage posthume rendu à celui qui, entre 1968 et 1981, contribua à écrire les plus belles pages de l'histoire du Sporting Club de Bastia.

Tout commença le 16 avril 1949 à Portivechju (Porto-Vecchio). En ce beau jour, la douceur du printemps corse accueillait le petit Claude sans se douter une seule seconde que cette fragile petite crevette avait été touchée de la grâce divine et était promise à de si grandes choses.

Claude Papi grandit paisiblement dans la quiétude de sa ville natale et c'est lors de la saison 1967/1968 qu'il commence sa carrière professionnelle au Sporting. Le club est alors en D2 mais dès la première saison où il compte Papi dans ses rangs il finit en tête du championnat et accède ainsi au plus haut niveau du foot français, qu'on appelait encore à l'époque D1. History in the making.

S'en suivent quelques années, fort logiquement, difficiles. Avec la remontée vient en effet le moment de se maintenir, ce qui n'est jamais chose aisée. Pourtant petit à petit, dans la douleur parfois, avec ferveur toujours, le club parvient à s'installer dans l'élite de manière durable. Et même en 1972, pour la première fois de son histoire, le SCB se hisse en finale de la coupe de France contre le grand Olympique de Marseille de Skoblar et Magnusson. Après avoir grandement participé à l'accession à la finale, le diamant brut Papi, encore en gestation dans sa chrysalide de talent, est laissé sur le banc. Bastia perdra donc 2 à 1. Normal après tout. Asterix vaincrait-il sans Obelix ? Batman sans Robin ou encore Tango sans Cash ? Non. Et de la même façon, le Sporting ne pouvait-il vaincre sans Papi.

La saison 1976/77 allait être magnifique pour les Bastiais. Marquée par l'authenticité rude et âpre de son Cap, portée par la force éternelle de ses reliefs, teintée de la simplicité et de la discrétion de ses villages disséminés, cette équipe est à l'image de son île : fière et pleine de caractère. Et le petit plus de la maison c'est Claude, à qui on confie les clés. Le meneur de jeu explose réellement et profite de l'opportunité qui lui est faite pour donner la pleine mesure de son talent. Technique, rapide et doté d'une vision du jeu qui suffirait à faire d'Hatem Ben Arfa le nouveau Zizou, il alimente avec brio une attaque assassine qui allait boucler l'année avec 82 buts inscrits (meilleure attaque du championnat). Troisième au classement, le Sporting gagne ainsi le droit d'aller défendre ses couleurs et ses valeurs en Coupe de l'UEFA (ou C3).

Accompagné notamment par le Lion de Vescovato (Charles Orlanducci) en défense centrale et Johnny Rep en attaque, le grand Claude va alors faire la fierté de toute une ville, de toute une île, pendant cette année 1977/1978 qui demeure encore aujourd'hui la plus belle du club. Notons en passant que « Bastia » descend directement du terme « Bastiglia » signifiant en Corse « Bastille ». Et c'est bien en donnant à Furiani ce caractère de citadelle imprenable, de bastion protecteur, que les hommes en bleu vont gravir tous les échelons européens jusqu'au dernier. Tombeurs successivement des Os Leões du Sporting Clube de Portugal, de Newcastle, du Torino - en allant l'emporter 3 à 2 chez eux malgré deux années d'invincibilité à domicile - d'Iéna et des Grasshoppers de Zurich, ils retrouvent en finale le PSV Eindhoven.

Au match aller à Bastia et sous un ciel corse en colère, l'attaque habituellement si efficace et prolifique, ne parvient pas à concrétiser une domination certaine et le match se termine sur le score de 0 à 0. Peut-être un brin inhibés par l'enjeu, on sent alors venir le traquenard pour les Corses. Et effectivement sur le stade du PSV, l'étau se referme avec perte et fracas sur les ambitions des joueurs bastiais. C'est Eindhoven qui l'emporte sur le score sans appel de 3 à 0. Fin du bal !

Les lendemains déchantent un peu donc. Mais après une longue et insupportable attente, le titre arrivera enfin en 1981 - le seul titre du Sporting. Lors de cette année, avec Roger Milla récemment arrivé, Bastia va finalement remporter la Coupe de France face au grand Saint-Etienne de Platini, Castaneda, Janvion, Battiston ou encore Rep (victoire 2 à 1). Papi, blessé, ne disputera pas la finale mais cela ne gâte en rien son plaisir. Le titre, le but de toute une vie, est enfin dans ses mains. Comme un symbole même, cette joute victorieuse vient célébrer la fin de carrière de celui qui reste encore aujourd'hui le plus grand footballeur corse de l'histoire.

Après 14 années de bons et loyaux services. Après avoir repoussé les uns après les autres tous ceux qui ont tenté de le voler à son club de cœur - sirènes auxquelles il ne céda jamais à l'instar d'un Baresi ou d'un Tony Adams - il tire finalement sa révérence. Salut l'artiste ! Votre histoire et celle de votre club se sont insidieusement mélangées pour finalement s'épouser et ne faire qu'une.

Mais voilà venue l'heure du dénouement. Le propre des personnages de légende est bien souvent de soigner leur sortie. C'est un essentiel, une condition sine qua non pour mériter leur titre honorifique. J'en veux pour preuve les John Lennon, Coluche et autre Kennedy. Claude Papi est de ceux-ci. Victime d'une rupture d'anévrisme, il nous quitta brutalement et injustement, le 28 janvier 1983. En pleine force de l'âge, à l'aube de sa nouvelle vie, il s'est éteint. Comme si en arrêtant le foot et en quittant le SCB, il avait perdu la flamme qui le maintenait en vie. La Corse et le foot français sont en deuil. Il était âgé de 33 ans. Comme ce mec aux cheveux longs qui fit lui-aussi un carton il y a de cela 2011 années...

Riposa in pace Claude (Repose en paix), les exploits survivent et nul ne saurait oublier !

Terminons juste en conjecturant - et on ne prend pas ici d'énormes risques - qu'il aurait été bien triste aujourd'hui de voir son si cher Sporting évoluer en National. Mais, actuellement en tête, la L2 semble toute proche. Alors faites-le pour lui messieurs les Bastiais !

FORZA BASTIA!!!Blog de sc-bastia6 : SC BASTIA, Papi, Bastia à la vie, à la mort

mercredi 17 août 2011 18:15


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